Article Advantis - Le Moci : Turquie, décryptage du marché

February 26, 2026

Turquie : décryptage d'un marché à la croisée des mondes et à forte valeur stratégique ... Entre mythes et réalités

La Turquie occupe une position singulière dans l’environnement économique international. À la croisée de l’Orient et de l’Occident, souvent abordée à travers des prismes réducteurs ou des idées reçues persistantes, elle demeure pourtant un marché clé pour de nombreux acteurs industriels et économiques. Derrière les mythes, se dessine une réalité plus complexe, faite à la fois d’opportunités concrètes et de dynamiques locales qu’il convient de décrypter avec méthode.


Comprendre la Turquie, c’est accepter d’aller au-delà des apparences. C’est appréhender un marché exigeant, où la relation humaine, la confiance et l’ancrage local conditionnent largement la réussite des projets. C’est aussi reconnaître que la complexité, lorsqu’elle est maîtrisée, peut devenir un véritable levier de création de valeur et un avantage stratégique durable.



Comprendre la Turquie au-delà des idées reçues


La Turquie, une puissance industrielle mature au coeur des chaines de valeur européenne


La Turquie est entrée dans une nouvelle phase de maturité économique. Longtemps perçue comme un marché émergent volatil ou comme un pays de sous-traitance à bas coûts, elle s’affirme aujourd’hui comme une puissance industrielle régionale, un hub commercial eurasiatique et un acteur stratégique des chaînes de valeur internationale.


Certes, le pays a traversé – et traverse encore – des tensions inflationnistes, des ajustements monétaires et des chocs géopolitiques régionaux. Toutefois, cette volatilité apparente masque des fondamentaux structurels solides :


  • Une économie profondément diversifiée,
  • Une base industrielle robuste,
  • Une forte capacité d’adaptation et de résilience,
  • Ainsi qu’une volonté politique affirmée de souveraineté industrielle et technologique.


Contrairement aux idées reçues, la compétitivité turque ne repose plus uniquement sur les coûts ni sur quelques secteurs traditionnels. Le pays a profondément transformé son appareil productif et ne se limite plus à l’exécution. Il conçoit, développe et produit désormais des technologies dans des secteurs à forte valeur ajoutée tels que l’automobile, l’aéronautique, les machines industrielles, l’électronique, l’énergie ou les industries de process. Cette montée en puissance ouvre la voie à des partenariats industriels fondés sur le partage de savoir-faire, de compétences et de technologies, au-delà de la simple logique de sous-traitance.


Forte de son marché intérieur de plus de 87 millions d’habitants et de son ancrage géographique stratégique, la Turquie constitue une plateforme industrielle et commerciale de premier plan, offrant un point d’appui naturel vers les Balkans, le Caucase, l’Asie centrale et le Moyen-Orient.


La Turquie est aujourd’hui au cœur des stratégies de relocalisation partielle (nearshoring), de sécurisation des chaînes d’approvisionnement et de réduction de la dépendance asiatique, notamment pour l’Europe.


Pour les entreprises françaises, le potentiel est réel. Mais l’accès au marché turc repose moins sur la seule qualité de l’offre que sur la capacité à s’inscrire durablement dans les codes locaux, à être présent sur le terrain et à construire des relations de confiance sur le long terme. La Turquie est un marché exigeant, mais lisible pour les entreprises qui adoptent une démarche structurée et de long terme.



Contexte macroéconomique général de La Turquie


La Turquie est aujourd’hui la 17ᵉ économie mondiale, avec un PIB nominal estimé à environ 1,32 trillion USD en 2024 et qui devrait atteindre ≈1,57 trillion USD en 2025 selon les projections du FMI. Le PIB par habitant se situe autour de 15 500 USD en 2024, avec une estimation autour de ≈18 200 USD en 2025. Ces chiffres témoignent d’une progression significative d’une année sur l’autre.


La croissance économique a poursuivi sa progression en 2024 malgré un contexte financier contraint, avec une croissance du PIB de +3,2% (supérieure aux attentes) ; la croissance en 2025 est estimée autour de 4%, reflétant une dynamique positive mais plus modérée que celle observée en 2023 (+5,1%).


La population turque est estimée à plus de 87,8 millions d’habitants en 2025 et reste caractérisée par une structure démographique relativement jeune – âge médian autour de 34–35 ans –, ce qui demeure un facteur structurel de dynamisme du marché.


L’environnement des prix demeure marqué par une inflation élevée, mais s’inscrit désormais dans une trajectoire de désinflation progressive. Après avoir atteint un pic de 72,3% en 2022, l’inflation annuelle a reculé à 53,9% en 2023, avant de repartir temporairement à la hausse en 2024 (58,5%) sous l’effet notamment de la forte dépréciation de la livre turque et de l’inflation importée. Toutefois, depuis 2023–2024, la Banque centrale de Turquie a opéré un resserrement monétaire significatif, marquant un changement de cap en faveur de la stabilité macroéconomique. Cette stratégie commence à porter ses fruits : en 2025, la dynamique inflationniste s’est nettement ralentie, avec une inflation moyenne annuelle estimée à environ 34,9%.



Secteurs porteurs et leviers de croissance


Au delà des opportunités traditionnelles


Avant d’aborder les secteurs porteurs en Turquie, il est stratégique de replacer cette analyse dans le cadre de la Vision 2053  du pays. Cette vision constitue la feuille de route de long terme définie par les autorités turques pour accompagner la transformation économique, industrielle et technologique de la Turquie à l’horizon 2053. 


Prolongement de la Vision 2023, la Vision 2053 vise à faire évoluer le modèle économique vers davantage de valeur ajoutée, d’innovation et de compétitivité internationale, tout en renforçant la souveraineté industrielle et technologique du pays. 


Axée sur la transformation structurelle, l’innovation et la montée en valeur de l’appareil productif, cette vision crée un socle stratégique à partir duquel émergent les secteurs à fortes opportunités, appelés à constituer les principaux leviers de croissance de la Turquie dans les décennies à venir.



Agriculture, élevage et agro-industrie : vers une modernisation accélérée


Un secteur autour de 9,6% du PIB, le pays reste parmi les 10 premiers producteurs mondiaux de produits agricoles et conserve une place dominante en Europe pour les volumes de fruits et légumes frais. Il s’agit d’un secteur très puissant à l’export qui s’appuie sur une grande force de production agricole :


  • 1er producteur agricole d’Europe, 7ème mondial
  • 24 millions de terres agricoles soit 30% de la superficie du pays
  • Sur le podium mondial de nombreuses productions maraichères : noisettes, figues, coings, raisins secs, tomates, pastèques, concombres, poids chiche,
  • 2ème pays européen et 4ème mondial en termes de production sous serre
  • 1er producteur de tracteurs d’Europe


L’élevage bénéficie d’un cheptel ovin, caprin et bovin très grand qui soutient une filière laitière et une industrie du cuir très développé. Il s’agit du :


  • 1er cheptel de ruminants toutes espèces confondues en Europe
  • 2ème producteur avicole d’Europe et 9ème mondial
  • 3ème producteur de lait d’Europe et 9ème mondial
  • 1er producteur aquacole d’Europe


La Turquie demeure ainsi l’un des géants agricoles mondiaux, mais l’enjeu n’est plus la quantité : c’est la productivité, la traçabilité, la sécurité alimentaire, l’automatisation et la montée en gamme.


Les besoins explosent en :


  • Automatisation et modernisation
  • Équipements agricoles intelligents,
  • Irrigation de précision,
  • Technologies de stockage, transformation et froid,
  • Nutrition animale, génétique, bien-être animal,
  • Solutions digitales agricoles.


Pour les entreprises françaises reconnues pour leurs savoir-faire agro-industriels, la Turquie constitue un marché naturel de déploiement régional.



Santé, dispositifs médicaux et biotech


Reconnu pour ses infrastructures hospitalières modernes, le pays s’est hissé parmi les premières destinations mondiales en matière de tourisme médical (2 millions accueillis en 2024) et offre des opportunités considérables pour les produits, services et équipements de santé, notamment en biotechnologies et santé digitale. 


  • 7ème marché pharmaceutique européen avec une taille estimée à 11 milliards USD en 2024.
  • 8ème marché européen dans les dispositifs médicaux.
  • 80% des équipements médicaux sont importés (25% en provenance d’Europe).


La Turquie construit des complexes hospitaliers géants, également appelés « ville-hôpital », afin de répondre à la demande locale et internationale de services de santé. 25 de ces établissements sont actuellement opérationnels et 7 sont en construction. L'objectif est d'ajouter 41 000 lits supplémentaires.


Le marché enregistre en moyenne une croissance annuelle de 8 à 10% tirée par :


  • L’imagerie médicale,
  • Les équipements de blocs opératoires,
  • Les dispositifs implantables,
  • Le diagnostic et le monitoring patient,
  • La digital health et la télémédecine.


Un cadre réglementaire aligné sur l’Europe : la réglementation turque est largement harmonisée avec l’UE (MDR / IVDR), facilitant l’accès au marché pour les fabricants européens. La Turquie constitue ainsi une porte d’entrée structurée vers les marchés du Moyen-Orient, d’Asie centrale et d’Afrique du Nord.


La santé représente un marché prioritaire, résilient et pérenne pour les entreprises françaises positionnées sur les dispositifs médicaux, les équipements hospitaliers, les technologies de santé et les solutions digitales.



Industrie, mécanique et process


La Turquie n’est plus seulement un pays d’assemblage : elle est devenue un centre industriel complet, intégrant :


  • Conception,
  • Ingénierie,
  • Prototypage,
  • Production,
  • Export.


Les besoins sont très forts en :


  • Machines spéciales,
  • Automatisation industrielle,
  • Robotique,
  • Efficacité énergétique,
  • Maintenance avancée et services industriels.


La valeur ajoutée industrielle représente environ 26,6% du PIB, avec une importance structurelle majeure pour l’activité économique turque. Le secteur manufacturier est tiré par des segments structurants comme l’automobile, les biens d’équipement, la métallurgie et l’électronique industrielle.



Automobile, mobilité et nouvelles chaînes de valeur


Secteur historiquement leader des exportations du pays (75% de la production exportée), l’écosystème automobile est très développé et les principaux équipementiers, sous-traitants et fournisseurs internationaux sont présents en Turquie. Le pays abrite plus de 480 fournisseurs premier tiers et 159 centres R&D relatif au secteur.


  • 4ème fabricant européen et 12ème mondial avec 1,5 million de véhicules fabriqués en 2025,
  • 41,5 milliards USD d’exportation réalisée en 2025 soit 17,5% des exportations totales du pays,
  • 1er producteur de véhicules utilitaires d’Europe.


Grâce au transfert de technologies et à la montée en compétence, la Turquie a concrétisé un rêve vieux de 60 ans : la conception et le développement de sa propre marque automobile (TOGG) dont la commercialisation du premier modèle, le T10X 100% électrique, a débuté en mars 2023. Le second modèle (T10F) a été lancé en septembre dernier.


Ainsi, avec le développement du véhicule électrique national, le pays s’ouvre vers un nouveau segment de valeur industrielle :


  • Batteries,
  • Modules électroniques,
  • Logiciels embarqués,
  • Stations de recharge intelligentes.



Energies renouvelables, transition verte et économique circulaire


A l’exception du charbon, la Turquie est dépendante sur les énergies fossiles. Ces combustibles sont importés à hauteur de 83%. Dans une volonté forte d’indépendance, le marché de l’énergie turc regorge d’opportunités, allant de projets nucléaires, passant par la découverte de gisements gaziers, jusqu’à l’essor des énergies renouvelables.


Capacités installées et mix électrique


La Turquie dispose aujourd’hui d’une capacité installée cumulée de plus de 120 GW, dont près de 60% proviennent de sources renouvelables (hydraulique, solaire, éolien, géothermie), un taux en croissance continue grâce aux investissements publics et privés.

Dans la répartition récente de la capacité électrique :


  • Hydroélectrique représente environ 26–27% du total,
  • Solaire photovoltaïque autour de 19–20%,
  • Éolien environ 11–12%.


Ces chiffres traduisent un mix énergétique diversifié, où les renouvelables jouent un rôle stratégique, même si leur part de production réelle est modulée par l’intermittence et les conditions hydrologiques.


Hydraulique : un socle robuste et un leadership régional


L’hydroélectricité, historiquement le principal contributeur renouvelable en Turquie, représente toujours une part majeure de la capacité installée, avec plus de 32 GW.


Ce segment confère à la Turquie une stabilité structurelle dans le mix énergétique et un avantage comparatif par rapport à de nombreux marchés européens où l’hydraulique est moins développé ou dépendant de conditions géographiques moins favorables.


Solaire : croissance rapide et objectif national majeur


Avec une durée d’ensoleillement annuelle d’environ 2700 heures / an (≈7h-8h / jour), La Turquie se situe dans le top 5 des pays les plus ensoleillés d’Europe, juste derrière l’Espagne et le Portugal, et nettement au-dessus de la moyenne européenne, qui se situe autour de 1 700–1 900 heures par an.


Le solaire photovoltaïque connaît donc une croissance très rapide, avec la production solaire augmentant significativement en 2024 (+39% d’électricité solaire produite par rapport à 2023), ce qui correspond à un bond de plusieurs térawattheures.


La Turquie vise à porter sa capacité solaire à plus de 50–55 GW d’ici 2035, dans le cadre de sa feuille de route de neutralité carbone, ce qui signifie un déploiement accéléré de projets PV, notamment à grande échelle. 


Éolien : progression significative et potentiel futur


L’énergie éolienne constitue aujourd’hui un segment structurant du mix turc, avec plus de 13 GW de capacité installée estimée en 2025 et des projections portant le total à près de 30 GW d’ici 2035, incluant potentiellement 5 GW offshore.


Ce développement se produit dans un contexte de potentiel géographique élevé, notamment le long des côtes Égée et Marmara. Sur le plan mondial, alors que des pays comme la Chine et les principaux marchés européens multiplient les installations, la Turquie bénéficie d’un potentiel éolien offshore estimé à plus de 75 GW, ce qui représente une marge de croissance importante. 


Géothermie : un atout structurel et une position de leader en Europe


La géothermie constitue un pilier spécifique et stratégique du mix énergétique renouvelable turc. Grâce à une géologie particulièrement favorable, la Turquie s’est imposée comme le 1er producteur de géothermie en Europe et l’un des leaders mondiaux, avec une capacité électrique installée dépassant 1,7 GW en 2025. Le pays est en effet 4ème mondial en capacité de production d'énergie géothermique.


Au-delà de la production électrique, la géothermie joue également un rôle clé dans le chauffage urbain, l’agriculture sous serre et les usages industriels, renforçant son impact économique transversal. Les autorités turques ambitionnent de porter la capacité géothermique à 3–4 GW à moyen-long terme.


Objectifs à l’horizon 2035


La Turquie s’est fixé des objectifs ambitieux avec comme ambition globale d’atteindr 120 GW de capacité renouvelable combinée (incluant solaire, éolien et autres) d’ici 2035, ce qui traduit une volonté forte de renforcer son indépendance énergétique et de contribuer à ses engagements climatiques. 


Ce positionnement confère à la Turquie une avantageuse dynamique d’investissement pour les entreprises françaises :


  • Un marché intérieur en forte croissance,
  • Des objectifs structurants à long terme,
  • Des appels d’offres réguliers pour grands projets renouvelables,
  • Et des potentiels de coopération industrielle et technologique dans les segments solaire, éolien et infrastructures hydrauliques.


Forages offshore pétrole & gaz : objectifs et données clés


La Turquie intensifie ses efforts d’exploration offshore en Mer Noire et en Méditerranée orientale pour réduire sa dépendance énergétique aux importations. Le gisement de Sakarya en Mer Noire, l’un des plus importants, contient plus de 785 milliards de m³ de gaz estimés, avec des phases de production déjà engagées et des extensions planifiées d’ici 2026–2027.


La Turquie prévoit également de développer des projets offshores à l’étranger, notamment son premier forage profond programmé en Somalie en 2026.



Smart cities, mobilité urbaine et infrastructures


La Turquie connaît une urbanisation rapide et soutenue. En 2024, environ 77% de la population vivait en zone urbaine, soit près de 65 millions de citadins sur un total de 85,5 millions d’habitants. Parmi eux, plus de 21 agglomérations dépassent 1 million d’habitants, dont Istanbul, Ankara, Izmir, Bursa et Antalya, ce qui crée une demande structurelle pour les solutions intelligentes, les transports urbains et les infrastructures du futur.


L’urbanisation rapide crée une demande structurelle pour :


  • Solutions de mobilité intelligente,
  • Gestion du trafic,
  • Stationnement digitalisé,
  • Infrastructures urbaines connectées,
  • Services numériques au citoyen.


Mobilité urbaine et transports connectés


Le parc de véhicules urbains connectés et intelligents progresse rapidement, avec plusieurs villes intégrant des systèmes de transport intelligent (ITS) qui améliorent la fluidité du trafic et la sécurité routière.


À Istanbul, le métro et les tramways transportent ensemble plus de 3,5 millions de passagers par jour, illustrant l’ampleur des besoins en mobilité propre et intégrée.


Les investissements municipaux et nationaux dans les infrastructures de mobilité se situent dans une fourchette annuelle de plusieurs milliards USD, avec des financements via des partenariats public-privé (PPP) pour des lignes de métro, des corridors de bus à haut niveau de service (BHNS) et des systèmes de signalisation avancés.


Smart cities et digitalisation des services urbains


Les autorités locales et nationales ont lancé des programmes de smart cities visant à déployer des plateformes intégrées pour :


La gestion du trafic en temps réel,

La vidéosurveillance intelligente,

La gestion énergétique des bâtiments publics,

La gestion intégrée des déchets.


Certaines métropoles turques affichent déjà des indicateurs de performance numérique comparables aux moyennes françaises pour des solutions comme les applications de mobilité multimodale, les services municipaux digitaux et les systèmes de paiement sans contact dans les transports publics.


Infrastructures de transport à grande échelle


La politique d'infrastructures majeures menée par la Turquie au cours des 20 dernières années a été un moteur important de croissance et de développement, transformant le paysage urbain du pays grâce à la construction de grands projets d'infrastructures, principalement dans le secteur des transports.


17,40 milliards USD alloués au ministère des Transports en 2025 dont 44% consacré au ferroviaire !


  • Ponts et tunnels intercontinentaux (ex. Marmaray, tunnels sous le Bosphore),
  • Corne d’Or Tunnel,
  • Extensions du réseau ferroviaire à grande vitesse (TGV turc / YHT) qui dépasse désormais 3 000 km de lignes programmées ou opérationnelles à l’horizon 2030,
  • Ports modernisés et hubs logistiques le long des corridors Europe–Asie.


Nouvelle ligne ferroviaire à Istanbul


Un nouveau corridor ferroviaire stratégique de 125 km va être lancé qui reliera les deux aéroports d’Istanbul par rail via un accord de financement international de 6,75 milliards USD. Objectif : connecter directement, pour la première fois, l’aéroport Istanbul et l’aéroport Sabiha Gökçen.


  • 125 km de ligne
  • 44 tunnels (59,1 km cumulés)
  • 42 ponts (22,4 km cumulés)
  • Passage clé par le Pont Yavuz Sultan Selim


À pleine capacité, la ligne devrait transporter 33 millions de passagers / an et 30 millions de tonnes de marchandises / an


Objectifs pour 2053


  • 38 000 km de routes à deux voies (contre 29 730 km)
  • 28 590 km de lignes ferroviaires (contre 13 919 km)
  • 61 aéroports (contre 58 actuellement)


Actuellement, la Turquie réalise deux grands projets : la construction du Canal d'Istanbul, qui reliera la mer Noire à la mer de Marmara et longera le Bosphore, et la construction du grand tunnel à trois niveaux sous le Bosphore.


Indicateurs de déploiement et perspectives


  • Population urbaine en croissance : +1,8 % par an en moyenne (2015–2025).
  • 21 villes > 1 M d’habitants dont 9 villes de plus de 2 millions qui structurent la demande de solutions intelligentes.
  • 3,5+ millions d’usagers quotidiens pour le seul réseau de transports d’Istanbul.
  • Déploiement croissant de technologies IoT pour la gestion énergétique, la sécurité, la mobilité intégrée et les services citoyens numériques.


Opportunités pour les entreprises françaises


La combinaison de forts investissements publics, d’une demande urbaine croissante et de programmes smart cities ambitieux génère des opportunités dans les domaines suivants :


  • Solutions de mobilité intelligente (ITS, multimodalité, data analytiques),
  • Infrastructures numériques urbaines (capteurs, plateformes, cybersécurité),
  • Énergie urbaine intelligente (grids, optimisation énergétique, stockage),
  • Services citoyens digitaux (applications mobiles, e-administration),
  • Partenariats PPP pour des projets structurants (transport, parkings intelligents, hubs logistiques).



Défense & industries stratégiques


2ème armée de l’OTAN en termes d’effectifs, la défense constitue un marché hautement stratégique pour la Turquie qui a pour objectif de doter ses Forces armées de matériels et d’équipements de guerre à la pointe de la technologie.


Le secteur de la défense est devenu un vecteur de souveraineté nationale : la Turquie a réalisé ces dernières années une transformation profonde de son industrie de défense, passant d’importateur à acteur exportateur capable de produire des technologies sophistiquées de niveau mondial. Le secteur incarne aujourd’hui une combinaison de capacités industrielles avancées, de R&D soutenue par l’État, et de compétitivité à l’export.


Performance économique et exportations :


  • Les exportations ont été multipliées par quarante en 20 ans, passant de 248 millions USD en 2002 à 9,87 milliards USD en 2025,
  • La Turquie est ainsi devenue 11ème exportateur mondial d’équipements militaires,
  • ¼ des exportations sont des drones,
  • Le nombre d’entreprises actives dans la défense dépasse 3 500, avec plusieurs spécialisées dans la haute technologie et les systèmes avancés.


Par ailleurs, la Turquie s’impose comme un leader mondial dans le développement et la fabrication de drones, représentant près de 65% des exportations mondiales de UAV armés.


Le marché turc de l’aérospatiale et de la défense est estimé à environ 15,4 milliards USD en 2025, avec des perspectives de croissance vers 17,6 milliards USD d’ici 2030.

Technologies stratégiques développées localement :


  • Drones avancés (UAV/UCAV) : plateformes comme les Bayraktar TB2 et les drones en cours d’évolution vers des modèles plus autonomes sont devenues des références globales.
  • Aéronautique et systèmes autonomes : développement de drones furtifs comme l’Anka-3 ainsi que de composants aéronautiques intégrés.
  • Systèmes de défense intégrés : développement domestique de systèmes de défense aérienne tels que le projet « Steel Dome », intégrant radars, missiles, capteurs et commandes.


Aujourd’hui Plusieurs sociétés turques figurent désormais parmi les principaux fournisseurs mondiaux dans les classements globalisés des industries de défense et d’aérospatiale. 


Malgré des avancées majeures, la Turquie reste demandeuse de technologies critiques, de coopérations industrielles et de savoir-faire européens, d’où elle importe 49% de ses besoins.


Orientations pour les décideurs et entreprises françaises :


  • Partenariats industriels : opportunités de co-développement sur des plateformes aériennes, terrestres ou navales avec des industriels turcs ou des consortiums publics-privés.
  • Intégration dans les chaînes d’approvisionnement globales : intégration des technologies françaises, coopération technologique et projets d’export conjoints.
  • Transfert de savoir-faire : participation à des programmes de formation, R&D et innovation collaborative dans les domaines de l’IA appliquée, cybersécurité et simulation.


L’évolution du complexe industriel de défense turc illustre une capacitation technologique significative et une attractivité pour les entreprises internationales souhaitant coopérer dans des secteurs à haute intensité technologique, tout en bénéficiant d’un marché domestique robuste et d’une base d’exportation en expansion.



Chimie, un pilier stratégique de l'industrie turque


Un des piliers majeurs de l’industrie manufacturière en Turquie, en 2025, le secteur chimie représente le 2ème secteur exportateur du pays avec une valeur d’exportation estimée à 31,9 milliards USD, soit 11,7% des exportations totales.


  • 2ème producteur de plastique d’Europe, 7ème mondial,
  • 5ème producteur de peinture d’Europe,
  • 10ème consommateur d’engrais au monde,
  • 2ème importateur de produits pétrochimiques au monde (après la Chine),
  • 2ème importateur de polypropylène au monde après la Chine.


Fort de plus de 6 200 entreprises actives et près de 200 000 emplois directs, ce secteur couvre un large spectre d’activités allant de la pétrochimie aux plastiques, en passant par les peintures, les engrais, les résines techniques et les produits chimiques de spécialité.


La Turquie représente un marché́ d’opportunités pour les investisseurs étrangers, tant en matière de production que de transfert technologique ou de co-développement.



Textile & habillement : un pilier historique modernisé et une plateforme industrielle clé pour les marques mondiales 


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