La Turquie, officiellement intégrée dans la stratégie "Made in EU"

March 6, 2026

La Turquie, officiellement intégrée dans la stratégie "Made in EU"

La Turquie a salué l’annonce de la politique industrielle tant attendue de l’Union européenne visant à renforcer ses capacités dans les secteurs stratégiques. Cette initiative permet également l’inclusion d’Ankara en raison de son union douanière avec l’UE, une décision qualifiée de « positive et constructive ».

Le ministre du Commerce, Ömer Bolat, a déclaré mercredi que la confirmation juridique de l’inclusion de la Turquie dans la politique « Made in EU » constitue « une étape importante pour les relations commerciales ».


Plus tôt dans la journée, la Commission européenne a dévoilé une proposition législative destinée à renforcer la base industrielle européenne en introduisant des exigences « Made in EU » et des critères bas carbone pour les secteurs stratégiques.


Une nouvelle politique industrielle pour renforcer la compétitivité européenne


La mesure, également connue sous le nom d’Industrial Accelerator Act (IAA), cible plusieurs industries clés telles que l’acier, le ciment, l’aluminium, l’automobile et les technologies net-zéro. Le texte prévoit également la possibilité d’étendre ces règles à d’autres secteurs à forte intensité énergétique, comme la chimie.


Ces nouvelles règles visent à renforcer les industries européennes face à la concurrence intense de la Chine. L’initiative avait été retardée pendant plusieurs mois en raison de désaccords sur l’ampleur et les modalités de certaines mesures que certains observateurs considéraient comme protectionnistes.

Concernant les secteurs stratégiques, notamment l’automobile, les technologies vertes et l’acier, la proposition constitue un élément clé de la stratégie de l’Union européenne visant à regagner en compétitivité, réduire ses dépendances et prévenir les pertes d’emplois.


La Commission européenne précise par ailleurs que ce paquet législatif vise à porter la part de l’industrie manufacturière dans le produit intérieur brut (PIB) de l’UE à 20 % d’ici 2035, contre environ 14 % en 2024.


Une évolution doctrinale dans la définition du « Made in Europe »


Le projet de règlement prévoit que les pays disposant d’un accord créant une zone de libre-échange ou une union douanière avec l’UE seront considérés comme « locaux ». Cela inclut notamment les pays de l’Espace économique européen (EEE), tels que la Norvège et l’Islande, ainsi que la Turquie, qui dispose d’une union douanière avec l’UE depuis les années 1990.


« Il s’agit d’un changement de doctrine – quelque chose d’impensable il y a seulement quelques mois », a déclaré le commissaire européen à l’industrie, Stéphane Séjourné, lors d’une conférence de presse.


De manière générale, les règles visent à garantir que les investissements publics et étrangers soutiennent la production industrielle au sein des 27 États membres de l’UE. Les entreprises souhaitant bénéficier de financements publics devront ainsi respecter des seuils minimums de composants fabriqués dans l’UE. Les investissements importants provenant d’entreprises étrangères dominantes pourraient également être soumis à certaines conditions, notamment l’emploi de travailleurs européens.


Un compromis politique après plusieurs mois de débats

s

Initialement attendues l’an dernier, ces mesures, fortement soutenues par la France, ont été repoussées à plusieurs reprises en raison de divergences entre

États membres. Certains estimaient en effet qu’elles allaient à l’encontre de la tradition pro-libre-échange de l’Union européenne.

Une grande partie des discussions portait sur la portée géographique de la notion de « Made in Europe ».


Les sceptiques, dont la plus grande économie de l’UE, l’Allemagne, plaidaient pour une approche plus inclusive, défendue sous l’expression « Made with Europe », afin d’intégrer les partenaires commerciaux du bloc.


Bruxelles a finalement opté pour un compromis fondé sur le principe de réciprocité : les pays ayant conclu avec l’UE des accords permettant aux entreprises européennes d’accéder aux financements publics au même titre que les entreprises locales pourront être inclus dans le dispositif.


Une « étape importante » pour les relations commerciales entre la Turquie et l’UE


Sur les réseaux sociaux, le ministre du Commerce Ömer Bolat a souligné que la reconnaissance de l’union douanière existante dans le cadre de cette nouvelle politique industrielle constitue une décision constructive pour la continuité des investissements et la compétitivité des chaînes de valeur européennes.

« Nous sommes heureux que les engagements diplomatiques intensifs et constructifs que nous avons menés récemment avec l’Union européenne, fondés sur une compréhension mutuelle des enjeux économiques et commerciaux, aient produit des résultats positifs », a-t-il écrit sur X.


Selon lui, les consultations menées avec l’UE ont permis de confirmer la base juridique permettant à l’exigence d’« origine UE » dans le projet de texte d’inclure en principe la Turquie dans le cadre de l’union douanière, ce qui constitue « une étape importante pour nos relations commerciales ».


La Turquie et l’Union européenne entretiennent des relations économiques majeures. Leur volume d’échanges bilatéraux dépasse 200 milliards de dollars par an.


Un enjeu majeur pour l’industrie automobile turque


L’inclusion de la Turquie dans cette initiative est particulièrement stratégique compte tenu de la solidité de son industrie automobile.


Ces dernières années, le pays a dépassé les 40 milliards de dollars d’exportations dans ce secteur, dont une large part est destinée aux marchés européens tels que l’Allemagne, la France, l’Italie ou encore la Roumanie.


Le ministre Ömer Bolat a souligné que la Turquie constitue une composante fiable et indissociable des chaînes de valeur européennes dans de nombreux secteurs critiques, notamment l’automobile.


« Cette évolution devrait approfondir davantage l’intégration sectorielle entre la Turquie et l’UE, tout en accélérant la transformation verte et numérique de nos chaînes de valeur », a-t-il ajouté.


Le président de l’Union of Chambers and Commodity Exchanges of Türkiye (TOBB), Rifat Hisarcıklıoğlu, a également salué cette évolution.

« L’objectif est de renforcer davantage la position de la Turquie au sein de l’écosystème industriel européen et de faire progresser l’intégration économique avec l’UE, y compris la modernisation de l’union douanière », a-t-il déclaré.


Des exigences « Made in Europe » pour les secteurs stratégiques


Les exigences « Made in Europe », qui visent également à accélérer la décarbonation industrielle, s’appliqueront à plusieurs secteurs stratégiques : l’acier, le ciment, l’aluminium, l’automobile et les technologies net-zéro.


Les gouvernements qui financent des projets d’infrastructures devront notamment veiller à inclure une part minimale d’acier, de ciment et d’aluminium européens à faible empreinte carbone.


Dans le secteur automobile, les constructeurs de véhicules électriques devront s’assurer qu’au moins 70 % des composants de leurs voitures sont fabriqués dans l’UE pour pouvoir bénéficier de financements publics.


Des règles similaires devraient également s’appliquer aux batteries, au solaire, à l’éolien et au nucléaire.


Des conditions pour les investissements étrangers


La proposition législative vise également à encourager les entreprises étrangères à s’associer à des sociétés européennes pour s’implanter dans l’Union.

Pour cela, le texte prévoit d’imposer certaines conditions aux investissements étrangers supérieurs à 100 millions d’euros dans des « secteurs stratégiques émergents », tels que les batteries ou les véhicules électriques.



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Source : Daily Sabah, 05 mars 2026. Article traduit par Advantis Conseils Turquie.

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