COP31 en Turquie : entre enjeux politiques et opportunités économiques pour les entreprises
COP31 en Turquie : entre enjeux politiques et opportunités économiques pour les entreprises
Du 9 au 20 novembre 2026, la Turquie accueillera à Antalya la 31ᵉ Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP31). Cet événement réunira dirigeants politiques, institutions internationales, scientifiques, entreprises et organisations de la société civile pour accélérer la lutte contre le changement climatique et la mise en œuvre des engagements environnementaux.
Après la COP30 organisée à Belém, au Brésil, en 2025, la COP31 intervient dans une phase où les objectifs climatiques doivent être traduits en actions : financement de la transition énergétique, réduction des émissions de gaz à effet de serre, adaptation au changement climatique et transformation des systèmes industriels.
Pour la Turquie, cette conférence constitue aussi l’occasion de valoriser ses politiques environnementales, notamment le projet Zéro déchet (Sıfır Atık), lancé en 2017 sous l’impulsion d’Emine Erdoğan et désormais reconnu à l’échelle des Nations unies.
Au-delà de la dimension diplomatique, la COP31 met en lumière des perspectives économiques dans les énergies propres, les technologies environnementales, l’économie circulaire et l’industrie bas carbone. Pour les entreprises françaises et européennes, ces transformations justifient une analyse approfondie des marchés et des partenariats envisageables en Turquie.
1. Qu’est-ce que la COP et pourquoi est-elle importante ?
La COP, pour Conference of the Parties (Conférence des Parties), constitue la principale instance de décision de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), adoptée en 1992 à Rio de Janeiro. Organisées annuellement depuis 1995, les conférences réunissent les Parties pour négocier et coordonner la réponse internationale au changement climatique.
- COP3 – Kyoto, 1997 : adoption du protocole de Kyoto et d’objectifs contraignants pour certains pays industrialisés.
- COP21 – Paris, 2015 : adoption de l’Accord de Paris et objectif de limiter la hausse de la température bien en dessous de 2 °C, en poursuivant les efforts pour 1,5 °C.
- COP28 – Dubaï, 2023 : premier bilan mondial de l’Accord de Paris et appel à une transition hors des combustibles fossiles dans les systèmes énergétiques.
- COP29 – Bakou, 2024 : nouvel objectif collectif de financement climatique pour les pays en développement.
- COP30 – Belém, 2025 : poursuite des discussions sur le financement, l’adaptation et la mise en œuvre des engagements.
La COP31 vise à prolonger ces négociations en accordant une place importante aux moyens de mise en œuvre : financement, déploiement de technologies, coopération internationale et accompagnement des transformations économiques.
Les décisions des COP n’entraînent pas toutes automatiquement des obligations directement applicables aux entreprises. Leur portée dépend de leur nature juridique et de leur transposition dans les politiques ou réglementations nationales.
2. COP31 à Antalya : organisation, programme et participants
La COP31 se tiendra du 9 au 20 novembre 2026 à Antalya, principalement sur le site de l’ANFAŞ Antalya Expo Center. La région méditerranéenne illustre elle-même plusieurs défis climatiques : sécheresses, ressources en eau, incendies forestiers et pression sur les écosystèmes.
Une gouvernance associant la Turquie et l’Australie
La Turquie assure la présidence de la conférence, sous la direction de Murat Kurum, ministre de l’Environnement, de l’Urbanisation et du Changement climatique. L’Australie, représentée par Chris Bowen, ministre du Changement climatique et de l’Énergie, assure la présidence des négociations. Ce dispositif comporte également un volet de coopération avec les pays du Pacifique.
Les principales journées thématiques
| Date | Thème annoncé / Temps fort |
|---|---|
| 9 novembre | Agriculture, sécurité alimentaire et santé |
| 10 novembre | Énergie, transports et efficacité énergétique |
| 11 novembre | Zéro déchet, économie circulaire et méthane ; Sommet des dirigeants |
| 12 novembre | Villes résilientes, bâtiments et infrastructures ; Sommet des dirigeants |
| 13 novembre | Financement climatique, commerce et marchés du carbone |
| 14 novembre | Jeunesse, éducation et compétences vertes |
| 15 novembre | Activités et programmes sociaux et culturels |
| 16 novembre | Science, industrie, technologies et innovation |
| 17 novembre | Océans, biodiversité, forêts et écosystèmes |
| 18 novembre | Développement humain, emploi et transition juste |
| 19 novembre | Mise en œuvre, projets et accès aux financements |
| 20 novembre | Dernières négociations et clôture prévue |
Le Sommet des chefs d’État et de gouvernement est prévu les 11 et 12 novembre 2026. Le programme reste susceptible d’ajustements pendant la conférence ; le calendrier officiel constitue la référence pour les sessions et interventions confirmées.
Personnalités et institutions concernées
- Recep Tayyip Erdoğan : président de la République de Turquie, annoncé à l’ouverture du Sommet des dirigeants.
- Murat Kurum : président désigné de la COP31 et ministre turc de l’Environnement.
- Chris Bowen : ministre australien et président des négociations de la COP31.
- António Guterres : secrétaire général des Nations unies, annoncé au Sommet des dirigeants.
- Simon Stiell : secrétaire exécutif de la CCNUCC.
- Emine Erdoğan : présidente d’honneur de la Fondation Sıfır Atık, figure de la diplomatie internationale du Zéro déchet ; des événements sont annoncés sous son égide.
- Samed Ağırbaş : président de la Fondation Sıfır Atık et champion de haut niveau pour le climat de la COP31.
La COP31 accueille également les délégations des Parties, les agences des Nations unies, institutions financières, banques de développement, scientifiques, organisations non gouvernementales et entreprises. La Blue Zone est consacrée aux négociations officielles et aux participants accrédités ; la Green Zone met en avant les initiatives, innovations et acteurs de la société civile.
La mention d’une personnalité ou d’une institution ne garantit pas sa présence physique à l’ensemble des sessions : les participations individuelles doivent être appréciées à la lumière des annonces officielles et du programme actualisé.
3. Le parcours de la Turquie dans les négociations climatiques
2004 — La Turquie devient partie à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.
2021 — Ratification de l’Accord de Paris et affirmation d’une ambition de neutralité carbone à l’horizon 2053.
2024 — Présentation, lors de la COP29, d’une stratégie climatique à long terme.
2025 — Adoption de la loi n° 7552 sur le climat, qui constitue notamment une base législative pour un système national d’échange de quotas d’émission.
2025 — Dépôt d’une deuxième contribution déterminée au niveau national (NDC) couvrant notamment énergie, industrie, transports, bâtiments, agriculture et déchets.
2026 — Présidence de la COP31 et accueil de la conférence à Antalya.
Dans sa deuxième NDC, la Turquie prévoit un niveau d’émissions de 643 millions de tonnes équivalent CO₂ en 2035, soit une diminution de 466 millions de tonnes par rapport à son scénario de référence projeté. Cette différence est calculée par rapport à un scénario tendanciel, et non par rapport aux émissions observées aujourd’hui.
Le parcours turc s’appuie aussi sur l’extension des capacités renouvelables, la modernisation industrielle et des initiatives de gestion des ressources et déchets.
4. "Sıfır Atık" : le projet Zéro déchet porté par Emine Erdoğan
Lancée en 2017 sous l’impulsion d’Emine Erdoğan, épouse du président de la République de Turquie, l’initiative Sıfır Atık (« Zéro déchet ») est devenue l’un des projets emblématiques de la politique environnementale turque. Initialement déployée dans les administrations, elle s’est étendue aux collectivités, établissements éducatifs, entreprises et autres institutions.
Le programme cherche à prévenir la production de déchets, améliorer le tri à la source, développer le recyclage, encourager la réutilisation et limiter le gaspillage de ressources tout au long du cycle de vie des produits.
Une reconnaissance au niveau des Nations unies
En décembre 2022, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté, à l’initiative de la Turquie et avec le soutien de 105 autres pays, une résolution instituant le 30 mars Journée internationale du Zéro déchet. La première édition, en mars 2023, a donné lieu à une mobilisation internationale saluée par le secrétaire général des Nations unies, António Guterres.
Emine Erdoğan préside également le Comité consultatif de personnalités de haut niveau sur le Zéro déchet des Nations unies, consacré à la promotion des bonnes pratiques et à la mobilisation des acteurs publics et privés.
Les résultats annoncés par les autorités turques
| Indicateur | Bilan / Objectif déclaré |
|---|---|
| Déchets valorisés depuis 2017 | 90 millions de tonnes |
| Contribution économique estimée | 365 milliards de livres turques |
| Taux de valorisation national | 13% en 2017 ; 37% en 2025 |
| Objectif 2035 | 60% de valorisation |
| Objectif 2053 | 70% de valorisation |
Ces chiffres proviennent des communications des autorités turques en mars 2026. Ils doivent être interprétés comme des résultats officiellement déclarés, et non comme des estimations indépendamment auditées.
Une place centrale dans la COP31
Le programme prévoit le 11 novembre un événement de haut niveau sous l’égide d’Emine Erdoğan autour du Zéro déchet, de l’économie circulaire et de la réduction du méthane. Un autre événement annoncé le 12 novembre concerne le développement de solutions de cuisson propre en Afrique à l’horizon 2034.
La Fondation Sıfır Atık, dont Emine Erdoğan est présidente d’honneur, participe à la mobilisation autour de la COP31. En donnant de la visibilité à ce programme, la Turquie cherche à valoriser une approche combinant politique environnementale, prévention des déchets, efficacité des ressources et coopération internationale.
Pour les entreprises, cette dynamique souligne des besoins potentiels dans les équipements de tri, le recyclage, la valorisation des déchets industriels et organiques, l’écoconception et la réduction des pertes de matières premières.
5. Les principaux enjeux de la COP31
Les échanges d’Antalya porteront à la fois sur l’atténuation des émissions, l’adaptation aux risques climatiques et la mobilisation des moyens techniques et financiers. Les analyses de la Fondation Sıfır Atık mettent en évidence des priorités interdépendantes : énergie, industrie, agriculture, eau, biodiversité et économie circulaire. Il s’agit de thèmes de discussion et de politiques nationales en cours, non de décisions déjà prises par la COP31.
Transition énergétique : augmenter les capacités renouvelables et moderniser le système électrique
La production d’électricité constitue un levier central de la décarbonation turque. La feuille de route nationale publiée en octobre 2024 vise 120 GW de puissance éolienne et solaire cumulée d’ici 2035, contre environ 31 GW au moment de son annonce. L’Agence internationale de l’énergie présente un besoin estimé à 80 milliards USD pour cette expansion. Ces montants correspondent à une trajectoire d’investissement nationale, et non à des financements annoncés dans le cadre de la COP31.
Le défi dépasse la construction de nouvelles centrales : il comprend le renforcement du réseau de transport, les interconnexions, les solutions de stockage, l’équilibrage de la production intermittente et les procédures de raccordement. La feuille de route prévoit également de nouvelles infrastructures de transport électrique, dont le développement de liaisons à courant continu à haute tension.
Le deuxième Plan national d’efficacité énergétique 2024-2030 prévoit 20,2 milliards USD d’investissements et un potentiel cumulé de 37,1 millions de tonnes équivalent pétrole d’économies d’énergie primaire, avec une réduction de consommation primaire estimée à 16 % sur la période. Ces objectifs concernent notamment les bâtiments, l’industrie, les transports, l’agriculture et la numérisation des systèmes énergétiques.
La Fondation Sıfır Atık souligne aussi un enjeu souvent moins visible : l’empreinte matérielle des filières renouvelables. La conception, la maintenance, la réutilisation et le recyclage des panneaux photovoltaïques, batteries et composants des éoliennes devront être intégrés à une logique d’économie circulaire. Pour les entreprises, cela ouvre des sujets de coopération allant de l’électronique de puissance à la gestion de fin de vie des équipements.
La réalisation de cette trajectoire reste conditionnée à l’accès au financement, à l’extension du réseau et à des arbitrages sur le bouquet énergétique. Le portail COP31 souligne notamment les débats sur l’absence d’un calendrier détaillé de sortie du charbon et sur la place du nucléaire.
Industrie bas carbone : modernisation des procédés et compétitivité des exportateurs
Les secteurs du ciment, de l’acier, de la métallurgie, de la chimie et d’autres activités intensives en énergie sont concernés par la baisse des émissions directes et indirectes. Les solutions comprennent la récupération de chaleur, l’électrification des procédés, la modernisation des fours, les automatismes, la mesure des émissions et les stratégies d’approvisionnement énergétique bas carbone.
L’enjeu est aussi commercial. L’Union européenne applique depuis le 1er janvier 2026 le régime définitif du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF/CBAM) à certaines catégories de produits. Ce dispositif européen n’est pas une décision de la COP31, mais il renforce les attentes en matière de données d’émissions et les incitations économiques à la décarbonation chez les producteurs turcs exportateurs.
Dans ce contexte, les discussions internationales sur les marchés du carbone, la tarification des émissions, les règles de transparence et le financement technologique seront suivies de près. La mise en œuvre de la loi turque sur le climat et du futur système national d’échange de quotas constitue, en parallèle, un chantier de politique intérieure.
Agriculture et sécurité alimentaire : produire avec moins de ressources et réduire les pertes
L’augmentation des températures, les variations des précipitations et les phénomènes extrêmes exposent les productions agricoles à des risques de rendement et de continuité d’approvisionnement. La Fondation Sıfır Atık met en avant l’agriculture régénératrice, la préservation de la santé des sols, les outils numériques d’aide à la décision et les chaînes d’approvisionnement mieux adaptées aux contraintes climatiques.
La lutte contre les pertes et le gaspillage alimentaires est un enjeu transversal : réduire les volumes perdus à la récolte, pendant le stockage, le transport et la distribution permet d’économiser simultanément eau, énergie et intrants. La valorisation des biodéchets peut également contribuer à réduire les émissions de méthane, sous réserve de technologies et de conditions d’exploitation appropriées.
Pour les acteurs de la filière agroalimentaire, les applications possibles concernent les capteurs, l’agriculture de précision, le froid et la chaîne logistique, le conditionnement, la traçabilité et les équipements de valorisation des coproduits. L’enjeu économique dépendra de l’investissement des exploitations, des industriels et des collectivités.
Eau : efficacité des usages, réutilisation et gouvernance des bassins
La gestion de l’eau est une priorité pour l’agriculture, les villes et les sites industriels turcs. La Turquie fait partie des pays confrontés à un stress hydrique important, avec une disponibilité en eau qui diminue sous l'effet de la croissance démographique, de l'urbanisation et du changement climatique. En 2024, les ressources en eau disponibles représentaient seulement 1 308 m³ par habitant et par an, un niveau inférieur au seuil de 1 700 m³ définissant une situation de stress hydrique selon l'indice de Falkenmark. La pression est particulièrement forte dans le secteur agricole, qui concentre 77 % de la consommation totale d'eau du pays, soit environ 44 milliards de m³ par an. Cette situation renforce les enjeux liés à la gestion durable de l'eau, à la modernisation des réseaux d'irrigation et au développement des infrastructures hydrauliques.
Le portail COP31 distingue trois dimensions complémentaires : l’efficacité des usages, la circularité par le traitement et la réutilisation des eaux usées, et la gouvernance fondée sur la planification par bassin et sur des données fiables.
Cela renvoie à des besoins de mesure des consommations, de détection des fuites, d’irrigation localisée, de modernisation des réseaux, de traitement des eaux et de recyclage des effluents industriels. Ces investissements relèvent à la fois de l’adaptation aux sécheresses et de la réduction des pressions sur les ressources naturelles.
Forêts, biodiversité et résilience des territoires
La protection des forêts et des écosystèmes est liée à la fois au stockage du carbone et à la capacité des territoires à résister aux événements climatiques. Les échanges de la COP31 pourront porter sur la restauration des habitats, les solutions fondées sur la nature et les mécanismes de financement de la conservation. Le portail de la Fondation Sıfır Atık rappelle que la préservation des forêts doit s’accompagner d’une attention aux droits et aux moyens d’existence des communautés concernées.
Au-delà des forêts, les zones humides, les littoraux, les milieux marins et les continuités écologiques jouent un rôle dans la biodiversité et la résilience. En Turquie, les risques d’incendies, de sécheresses et d’inondations soulignent la pertinence d’outils d’alerte précoce, de cartographie des risques, de surveillance par capteurs et d’ingénierie écologique.
Zéro déchet, pollution et économie circulaire
Dans le prolongement de l’initiative Sıfır Atık portée par Emine Erdoğan, la conférence doit contribuer à élargir la réflexion au-delà de la seule collecte des déchets : prévention à la source, écoconception, réutilisation, recyclage des matières, gestion des déchets industriels et réduction de la pollution plastique. La Fondation met également l’accent sur les indicateurs de suivi, la coopération entre collectivités et entreprises et les standards opérationnels.
Cette approche relie politique climatique, gestion des ressources et protection de la biodiversité. Elle peut soutenir la recherche de technologies de tri, de recyclage avancé, de valorisation organique et d’optimisation de la consommation des matières premières, mais ne constitue pas à elle seule une annonce de nouveaux marchés publics.
Financement climatique, innovation et transition juste
La transformation des infrastructures énergétiques, agricoles et urbaines requiert des capitaux importants. Les débats porteront sur les mécanismes publics et privés, les financements concessionnels, les obligations vertes, le transfert de technologies et les moyens d’accompagnement des territoires exposés. L’enjeu est de rendre les solutions disponibles techniquement, finançables et déployables à grande échelle.
La transition juste suppose de considérer l’emploi, les compétences, les coûts pour les ménages et les effets territoriaux. Les partenariats entre États, entreprises, chercheurs, collectivités et société civile seront déterminants pour traduire ces objectifs en projets applicables.
6. Quelles conséquences pour le monde et pour la Turquie ?
À l’échelle internationale : financements, mise en œuvre et coopération
À l’échelle mondiale, les négociations pourront influer sur la mobilisation de financements pour l’atténuation et l’adaptation, la transparence des engagements nationaux, la coopération technologique, les marchés du carbone et l’intégration des enjeux de biodiversité, d’agriculture et de gestion des ressources dans l’action climatique. L’impact dépendra du niveau d’ambition des textes, des moyens alloués et de leur transposition dans les politiques des États.
Pour la Turquie : des effets potentiels sur six grands domaines
Énergie et sécurité d’approvisionnement. Des orientations internationales favorables aux renouvelables, à l’efficacité énergétique et au prix du carbone pourraient renforcer les politiques nationales de transformation du mix électrique. Les gains potentiels incluent, à moyen et long terme, une diversification des approvisionnements et une diminution de certaines dépendances énergétiques, sous réserve de la réussite des investissements.
Industrie et commerce extérieur. Le développement de la tarification carbone, de la traçabilité des émissions et des attentes des donneurs d’ordres pourrait accroître les besoins de modernisation dans les secteurs exposés. Les coûts initiaux peuvent être significatifs ; les bénéfices éventuels se mesurent à la compétitivité, à l’efficacité des ressources et au maintien de l’accès aux marchés.
Financement de projets. De nouveaux accords internationaux ou partenariats pourraient améliorer les conditions de financement de projets contre la sécheresse, les inondations, les incendies et les risques urbains. Leur concrétisation dépendra des règles d’éligibilité, du montage des projets et de l’accès effectif aux ressources.
Agriculture et eau. Des priorités plus fortes données à la sécurité alimentaire et à l’adaptation pourraient soutenir la modernisation des infrastructures d’irrigation, l’agriculture résiliente, la réduction des pertes alimentaires et la réutilisation de l’eau.
Économie circulaire et gestion des déchets. Le renforcement des cadres de coopération et des politiques environnementales pourrait encourager les équipements de recyclage, la valorisation des déchets organiques et industriels, l’efficacité matière et de nouvelles pratiques de commande publique. Le projet national Sıfır Atık offre déjà un cadre de visibilité à ces sujets.
Villes et infrastructures. Les priorités d’adaptation et de réduction des émissions peuvent accélérer les projets d’efficacité énergétique des bâtiments, de mobilité propre, de traitement de l’eau, de gestion des déchets et de surveillance des risques.
Enfin, la présidence de la COP31 peut renforcer la visibilité diplomatique de la Turquie et sa capacité à faciliter les échanges entre partenaires européens, pays en développement et États de sa région. Ces retombées demeurent qualitatives et ne peuvent pas être quantifiées avant l’événement.
7. Les opportunités pour les entreprises françaises et étrangères
L’accueil de la COP31 offre à la Turquie une plateforme pour présenter ses politiques de transition et nouer des contacts avec investisseurs, banques de développement, industriels et fournisseurs de technologies. Les retombées économiques possibles ne sont ni automatiques ni garanties : elles reposent sur des projets finançables, une demande solvable et la mise en œuvre de politiques publiques. Pour les entreprises françaises et européennes, plusieurs voies de développement méritent d’être examinées.
Les secteurs porteurs de la transition environnementale
| Secteur | Applications et besoins potentiels |
|---|---|
| Énergies renouvelables | Photovoltaïque, éolien, stockage, réseaux et conversion électrique |
| Efficacité énergétique | Récupération de chaleur, instrumentation, automatisation et optimisation des procédés |
| Déchets et économie circulaire | Tri, recyclage, valorisation matière ou énergétique, traitement organique |
| Eau et agriculture durable | Irrigation intelligente, traitement, réutilisation et surveillance des réseaux |
| Bâtiments et infrastructures | Performance énergétique, mobilité durable, réseaux intelligents, résilience |
| Mesure et conformité | Mesure des émissions, gestion de données, traçabilité carbone et logiciels |
Les opportunités de développement pour les entreprises françaises et étrangères
- Exportation d'équipements et de technologies : répondre aux besoins de modernisation des installations industrielles et des infrastructures environnementales.
- Partenariats commerciaux et industriels : développer des collaborations avec des fabricants, intégrateurs, distributeurs et donneurs d'ordres turcs.
- Investissements et implantations : envisager la création de filiales, de coentreprises ou d'unités de production afin de renforcer sa présence sur le marché.
- Financements verts : identifier les projets et mécanismes de financement climatique susceptibles de faciliter les investissements.
- Innovation et transferts de technologies : développer des collaborations avec les industriels, universités, centres de recherche et entreprises technologiques turcs.
Pour convertir ces tendances en opportunités commerciales, les entreprises doivent analyser la demande réelle, identifier les décideurs et donneurs d’ordres, qualifier les partenaires, vérifier les normes et appels d’offres, mesurer les contraintes de prix et apprécier les capacités de financement locales. C’est à cette étape que l’accompagnement opérationnel d’Advantis Conseils Turquie prend tout son sens.
8. Le rôle d’Advantis Conseils Turquie
Depuis 2003, Advantis Conseils Turquie accompagne les entreprises étrangères dans leurs projets d’accès au marché, de développement commercial B2B, de partenariats industriels, de sourcing et d’implantation locale.
Dans un environnement marqué par la transition énergétique, la décarbonation et l’économie circulaire, Advantis intervient de la qualification des opportunités à l’exécution opérationnelle d’un projet en Turquie.
Analyser le marché : Évaluer la demande locale, identifier les segments prioritaires, les projets, les concurrents et les contraintes réglementaires.
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Développer les ventes et partenariats : Qualifier les industriels, distributeurs, intégrateurs et donneurs d’ordres ; organiser la prospection et des rendez-vous B2B.
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Identifier des partenaires industriels : Rechercher et évaluer fournisseurs, fabricants et sous-traitants turcs ; accompagner les consultations et la sélection.
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Structurer une implantation : Accompagner la création d’une société ou filiale, la préparation d’un projet industriel et l’organisation des opérations locales.
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